NVIDIA a présenté sa technologie de Neural Texture Compression (NTC), un système d'IA qui remplace la compression de textures traditionnelle (BCn) par un réseau neuronal entraîné par matériau. Le résultat est saisissant : sur la scène de démonstration Tuscan Wheels, la consommation VRAM passe de 6,5 Go (BCn standard) à seulement 970 Mo (NTC) - une réduction de plus de 85% - avec une qualité d'image visuellement proche de l'original. Le SDK est disponible sur GitHub depuis début 2025 et les premières intégrations moteur arrivent courant 2026.
Comment fonctionne la Neural Texture Compression ?
La NTC fonctionne en deux temps. À la compression, les textures PBR d'un même matériau (albedo, normale, roughness, metallic...) sont regroupées et encodées dans les poids d'un petit réseau neuronal accompagné d'un tenseur de latents. À la décompression, ce réseau est exécuté directement dans le shader pour reconstruire les couleurs de texture à la volée.
L'algorithme exploite la corrélation entre les canaux d'un même matériau : les détails d'une albedo map correspondent généralement aux détails du normal map. Cette corrélation permet une compression bien plus efficace que le BCn, qui traite chaque texture de façon indépendante.
Sur les GPU Ada (RTX 4000) et Blackwell (RTX 5000), les nouvelles extensions DirectX Cooperative Vectors permettent d'accéder directement aux unités d'accélération matricielle, offrant 2 à 4 fois plus de débit d'inférence qu'un GPU sans cette fonctionnalité.
Résultats : de 6,5 Go à 970 Mo sur la scène Tuscan Wheels
NVIDIA a démontré la NTC sur la scène Tuscan Wheels, une scène de rendu PBR haute fidélité chargée en textures. Avec la compression BCn standard, cette scène nécessite environ 6,5 Go de VRAM. En passant à la NTC en mode Inference on Sample, la même scène tombe à 970 Mo - soit une économie de plus de 5,5 Go de VRAM.
Sur une texture 2K×2K à 9-10 canaux PBR, les ratios sont les suivants : non compressé à 32 Mo, BCn à 12 Mo, NTC à 2,5 Mo sur disque et en VRAM. Une réduction de 92% par rapport au brut et de 79% par rapport au BCn. La contrepartie en performance est d'environ 15% de FPS en moins à 1080p et 18% en 4K pour le mode temps réel.
Trois modes de décompression selon votre GPU
La NTC propose trois modes selon les besoins et le GPU disponible :
• Inference on Load - le réseau neuronal décompresse les textures au chargement, les transcrit en BCn standard. Compatible GTX 1000+ / RX 6000+ / Intel Arc A. Aucun coût GPU en jeu, mais pas de gain VRAM en runtime - les textures restent en BCn une fois chargées.
• Inference on Sample - décompression en temps réel dans le shader à chaque échantillonnage. Recommandé sur Ada (RTX 4000) et Blackwell (RTX 5000). Coût : ~15% de FPS en moins à 1080p, ~18% en 4K. Gain VRAM maximal.
• Inference on Feedback - décompression partielle et sparse via sampler feedback DirectX 12. Le plus économe en VRAM, mais nécessite un support matériel avancé et des drivers preview.
Compatibilité GPU et prérequis
Vers l'intégration dans les jeux et les moteurs
Le SDK NVIDIA RTX NTC est disponible depuis début 2025 sur GitHub. Les premières intégrations sont en cours : Maxon travaille sur l'intégration dans son moteur de rendu Redshift, et NVIDIA a mis à disposition des outils pour Unreal Engine 5, visibles dans la démo technique Zorah. Une adoption plus large par les studios et les éditeurs de moteurs est attendue courant 2026.
Les bénéfices vont au-delà de la seule VRAM. Des textures jusqu'à 8 fois plus légères sur disque signifient des installations de jeux moins volumineuses et des temps de chargement réduits. À terme, la NTC pourrait permettre aux jeux de fonctionner confortablement sur des GPU à 8 Go de VRAM là où ils en exigent aujourd'hui 12 à 16 Go.
La technologie est issue d'une publication de recherche présentée à SIGGRAPH 2023 par des chercheurs NVIDIA. Deux ans plus tard, elle entre dans sa phase d'industrialisation.

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